corosolCorossol Épineux, KOWOSOL, Graviola
(Brésil)

Annona muricata, famille Annonacées.
Le nom de Corossol viendrait de Curaçao, un île des Petites Antilles

Origine : Nord de l’Amérique de sud.
Petit arbre feuillu de 4 à 8 m, le corossol a été introduit aux Antilles vers le milieu du 17ème siècle à partir de l’île de Curaçao. Dédié à Jean Jacques d’Annone (1728-1804) ou la latinisation du nom anon (au XVIème siècle à Haïti les fruits étaient appelés ainsi) usité aux U.S.A et Amérique latine.

Floraison : presque toute l’année, surtout en saison sèche.

Ses propriétés :
Des recherches récentes montrent une intéressante activité anticancéreuse
Les fruits (corossoles) sont très appréciés et servent à faire une liqueur enivrante.
Les feuilles, bourgeons et fleurs sont pectoraux et fébrifuges.
La poudre de fruit vert est antidiarrhéïque.
La racine est parasiticide (vers intestinaux) et antispasmodique.

Sédatif
Antipyrétique, Antigrippal
stimulant digestif, antispasmodique gastro-intestinal, Antidiarrhéïque
Anthelminthique (les helminthes sont des vers parasites de l’homme et des vertébrés).
Des recherches récentes ont montré des activités anticancéreuses, cytotoxiques (tue les cellules cancéreuses et ralentit l’évolution des tumeurs) et anti-dépressives
En externe : Parasiticide, troubles cutanés superficiels
Attention : Ne pas utiliser les graines et l’écorce en usage interne (les graines peuvent se montrer toxiques en ingestion à forte dose)
Déconseillé chez la femme enceinte (+ de 5 mois)

Usages en médecine traditionnelle

Interne :
Diarrhée, ballonnements (fruit)
Vers intestinaux (racine)
Toux, bronchite
État grippal, Fièvre
Externe :
Parasites, Gale

Exemples d’utilisation
En dehors des vertus liées à la richesse du fruit en calcium (et ses inconvénients : il est déconseillé chez la femme enceinte après le cinquième mois, sa consommation pourrait rendre les contractions plus douloureuses) les utilisations sont nombreuses :
Les indiens caraïbes s’en servaient pour induire la lactation.
Au 18ème siècle, le corossol été principalement utilisé contre la diarrhée.
L’infusion de feuilles est très utilisée dans les caraïbes comme somnifère léger ou contre la nervosité.
De la même façon quelques feuilles dans l’eau du bain calme les bébés.
La feuille froissée et passée sur la peau a la propriété d’éloigner les moustiques.
D’autres utilisations existent comme la macération de feuilles contre les coups de soleil ou l’infusion contre les états grippaux. La macération de feuille est utilisée comme anti-spasmodique. L’utilisation dans l’hypertension doit se faire sous contrôle médical.

ballonnements chroniques, les anciens préparaient une tisane avec les feuilles, qui est aussi un somnifère doux, connu et très utilisé
tension, vertiges : feuille en décoction
nervosité, palpitations : feuille en décoction ou feuille dans de l’eau au soleil, en bain
choc émotionnel : feuille en décoction par voie orale ou en bain
insomnie : feuille en infusion
parasitose : feuille en infusion
rhume, toux, grippe : feuille en décoction ou en infusion
maux de tête : feuille en décoction par voie orale ou en application, feuille naturelle en application
fièvre : feuille en décoction
inflammation : jeune fruit frais par voie orale
flatulences : feuille en décoction ou en infusion
affections de la peau : feuille dans de l’eau au soleil, en bain

Caractéristiques :
Petit arbre aux feuilles (10-15cm) odorantes, alternes, vert luisant et disposées dans le même plan. Fleurs à 6 pétales vert jaunâtre et charnus en groupes souvent à l’opposé des feuilles.
Gros fruit (12-25cm) vert irrégulier, couvert d’épines courtes et souples avec une pulpe blanche juteuse, sucrée et des graines noires et aplaties (15mm).
Le fruit a une chair succulente contenant des graines noires aplaties.

Chimie - Activités biologiques prouvées

La composition chimique du corossol est complexe, plus de 50 composés isolés.
De nombreux constituants ont été isolés et expliquent ces actions à la fois traditionnelles et actuelles. Ainsi la coreximine est antihypertensive, l’athérospermine est sédative.

la plante montre un effet hypotenseur, attribué à un composé de la feuille ; au contraire, à haute dose, le mélange feuille/tige exerce un effet hypertensif et relaxant des muscles lisses ; à faible dose, le mélange est spasmogénique et vasodilatateur ; la feuille a des propriétés vermifuges
la décoction de feuilles n’exerce pas d’activité sédative, anxiolytique, analgésique et ne favorise pas la venue du sommeil
un extrait de feuille réduit la formation des ulcères gastriques

Activité anti-cancéreuse, les Acétogénines

De nombreux composants ont été identifiés dans cette plante étudiée depuis les années 1940. La plupart des recherches portent sur un ensemble de composés biochimiques appelés Acétogénines.
Le Corossol produit ces éléments dans ses feuilles, tiges et graines des fruits. Trois groupes de recherche indépendants ont confirmé les propriétés anti-cancéreuses et de toxicité sélective sur des cellules cancéreuses de types variés, et sans atteinte sur les cellules non malades. Ils ont déjà publié 8 études cliniques.
Plusieurs de ces acétogénines ont démontré leur toxicité sélective, même à des dosages très bas (1 ppm).
4 études publiées en 1998 précisent les molécules et acétogénines du Corossol qui montrent les activités antitumorales et antivirales les plus fortes.

On ne trouve des acétogénines que dans les plantes de la famille Annonacée. Leur action inhibe des processus enzymatiques présents seulement dans la membrane des cellules cancéreuses.

L’Université Purdue, West Lafayette, Indiana, a conduit nombre de recherches sur les acétogénines, la plupart financés par The National Cancer Institute and/or the National Institute of Health (NIH).
En 1997, elle a publié des informations encourageantes selon lesquelles plusieurs des acétogénines annonacées étaient "non seulement efficaces pour tuer les cellules tumorales qui sont devenues résistantes aux agents anti-cancéreux, mais aussi semble avoir une affinité particulières vis-à-vis de ces cellules résistantes".

Mode d’action
Dans plusieurs interviews, suite à la publication de ces infos, le pharmacologiste en chef responsable du centre de Purdue a expliqué le mode d’action de l’acétogénines :
Comme il explique, les cellules cancéreuses qui survivent à la chimiothérapie peuvent développer une résistance vis-à-vis de l’agent anti-cancéreux utilisé, mais aussi vis-à-vis d’autres.
Ce phénomène est appelé "Multi Drug Resistance" (MDR). Une des manières principales que lescellules cancéreuses utilisent pour développer une résistance à la chimio est de créer une pompe intercellulaire capable de refouler les agents anti-cancéreux à l’extérieur de la cellule avant qu’il ne la tue. En moyenne, seulement 2% des cellules cancéreuses développeront cette pompe (mais ce sont ces 2% qui vont éventuellement pousser et s’étendre en créant des tumeurs MDR (Multi-drogues Résistantes)).
Quelques-unes des dernières recherches sur les acétogénines rapportent qu’elles sont capables de fermer ces pompes intercellulaires et donc de tuer les tumeurs MDR. Les chercheurs de Purdue ont rapportés que les acétogénines tuent préférentiellement les cellules cancéreuses MDR en bloquant l’apport d’ATP (principale source d’énergie de la cellules).
Une cellule tumorale a besoin d’énergie pour grossir et se reproduire, et une partie importante de cette énergie est utilisée pour faire fonctionner cette pompe et expulser les agents toxiques (chimio) L’énergie de la cellule étant inhibée, la pompe ne peut plus fonctionner.
Quand les acétogénines bloquent les ATP dans la cellule tumorale, celle-ci n’a plus assez d’énergie pour s’alimenter et meurt. Les cellules saines développent rarement de telles pompes, donc elles n’ont pas autant de besoin énergétique, et généralement ne sont pas affectées par les inhibiteurs de l’ATP.
Les chercheurs de Purdue ont démontré que les 14 acétogénines testées jusqu’à présent ont des propriétés puissantes de blocage de l’ATP. Ils ont aussi démontré que 13 de ses 14 acétogénines étaient plus efficaces contre les cellules MDR (Multi-drogues Résistantes) du cancer du sein que les 3 principales substances utilisées en chimio (Adrianycine, Vincristine, Vinplastine).

Voici la liste des acétogénines jusqu’à présent dans le Corossol :
annocatalin, annohexocin, annomonicin, annomontacin, annomuricatin A & B, annomuricin A thru E, annomutacin, annonacin, annonacinone, annopentocin A thru C, cis-annonacin, cis-corossolone, cohibin A thru D, corepoxylone, coronin, corossolin, corossolone, donhexocin, epomuricenin A & B, gigantetrocin, gigantetrocin A & B, gigantetrocinone, gigantetronenin, goniothalamicin, iso-annonacin, javoricin, montanacin, montecristin, muracin A thru G, muricapentocin, muricatalicin, muricatalin, muri-catenol, muricatetrocin A & B muricatin D, muricatocin A thru C muricin H, muricin I, muricoreacin, murihexocin 3, murihexocin A thru C, murihexol, murisolin, robustocin, rolliniastatin 1 & 2, saba-delin, solamin, uvariamicin I & IV, xylomaticin

Autres usages :

les graines contiennent une substance insecticide résistante à la chaleur et active contre un grand nombre d’insectes.